En cette fin de session mouvementée, je prends le temps, je fais une pause, je m'arrête un instant pour faire le point. Et de là, en tracer le reste de la ligne qui me ramène au début, il y a trois mois, alors que plein de bonnes intentions je plongeais tête première dans cette troisième session. Pour clore cette épisode, quele endroit plus à propos que le château fort de cet ami à deux faces qu'est l'architecture.
En effet, malgré la brume et le ciel gris de cette fin novembre, le vent tantôt tiède, tantôt froid, et mon aversion première envers cette endroit, je reviens déambuler dans le jardin du Centre Canadien d'Architecture. Après avoir mis de côté mes impressions premières et laisser mon esprit s'ouvrir lentement aux possibilités, je me surprends à apprécier un peu plus cet endroit. Peut-être est-ce le gazon toujours vert que je n'avais pas pu voir lors de ma dernière visite plus hivernale. Ou peut-être est-ce cet auteur-compositeur-interprète irlandais qui me murmure à l'oreille. Je ne pourrais pas dire quoi, mais l'expérience est différente.
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De retour maintenant dans la chaleur réconfortante de ma demeure. Le cérémonial architectural s'est bien déroulé. La serviabilité et la bonté des gens a été déconcertante. On ne croirais pas autant d'honnêteté de la part des subalternes lambertois. L'habit ne fais pas le moine. Et sûrement pas plus le bibliothéquaire. Mais bref d'expérience quotidienne, l'intention primaire était de faire le point sur ce qui vient de se passer ces derniers mois.
J'ai beaucoup appris. Pas seulement sur les sujets architecturaux, mais surtout sur moi-même. Je me suis surpris à me poser des questions, ou plutôt à me questionner, à me remettre en question. Il ne fait pas de doute que l'architecture est un art, une conscience sociale, une responsabilité et une technique que j'acquière peu à peu, mais que la pédagogie utilisée pour me transmettre ces connaissances n'est pas faite pour moi. La lenteur et la personnalisation que je requiers pour travailler ne m'est pas permise. Je sens déjà que ma place n'est pas dans ce monde contemporain, hautain, fonctionnant au rythme monétaire, productif à l'ère des projets fast-track. Mon rythme est traditionnel, humain, personnel; mon monde est sentiments, êtres humains, passions, bien-être et partage. De plus, je m'aperçois que le défi que je m'étais lancé sur la barrière langagière me bloque plus qu'autre chose. La difficulté apparente avec laquelle je m'exprime avec mes professeurs et devant un groupe n'aide pas ma cause.
Malgré tout, j'ai décidé de faire comme à mon habitude et de surmonter tous ces obstacles et de terminer cette étape difficile, cette période de frustrations et de compromis et de laisser à la vie la chance de m'impressionner. Une chose que je me promets à partir de maintenant, pour ma santé sentimentale, morale et mentale, c'est de ne plus rien me promettre - paradoxe! - de vivre avec ce qui vient, de ne pas me préoccuper du futur.
Appliquer cet écho qu je traîne avec moi depuis quelques années : carpe diem.

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